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Hong Sang-Soo, une gravité discrète

La chronique de Gérard-Georges Lemaire
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La chronique
de Pierre Corcos
Hong Sang-Soo, une gravité discrète
La sortie à quelques mois d'intervalle de deux films du réalisateur coréen Hong Sang-Soo, né en 1960, Hotel by the river et La Femme qui s'est enfuie donne l'occasion de revenir sur l'art de celui que les critiques, par commodité réductrice, ont trop vite surnommé le « Rohmer coréen ». Mais celui qui s'est dit inspiré aussi bien par Cézanne que par Bresson se retrouverait-il dans cette référence à un cinéma français, classique, littéraire et analytique ?

Une éblouissante lumière inonde les premières images d'Hotel by the river. Lumière hivernale qu'amplifie la neige dehors... Le film étant en noir et blanc, lumière ou neige, cette blancheur nous rappelle qu'en Corée, comme en Chine, cette couleur est celle de la mort, du deuil. Or le vieux poète qui loge dans cet hôtel au bord d'une rivière a fait venir ses deux fils, sentant que sa fin est proche. Dans le même hôtel, une jeune femme abandonnée, trahie par l'homme avec qui elle vivait, a demandé à une amie de venir la rejoindre pour l'aider à enterrer sereinement cet amour. Thèmes graves de la mort et de la perte, que le réalisateur coréen va traiter à sa manière, c'est-à-dire en évitant au mieux le pathos brutal. En le lissant dans une série de longs plans-séquences où la vérité des êtres affleure pudiquement. Et surtout le drame est dilué dans un certain nombre d'images ou de scènes en apparence « anodines », mais qui élaborent discrètement une représentation du monde... Par exemple, à la rivalité des frères venus rencontrer leur père s'oppose la tendresse, la délicatesse des deux femmes amies ; le monde animal (chat, pies, évocation des chiots) est associé à la sensibilité artistique et/ou au monde féminin ; à l'intellect qui « refroidit les coeurs », l'émotion poétique, nous reliant à la fois au ciel et à la terre, donnera la réplique ; le ravissement du vieux poète face à la beauté des deux jeunes filles reste une échappée esthétique absolue en face des rivalités et mesquineries familiales... La langue cinématographique du réalisateur permet d'autres notations, subreptices mais essentielles. Ainsi, ces longs et « durs » plans d'encoignure vide dans l'hôtel malmènent (révélation de l'absurde ?) une représentation du monde globale et harmonieuse où n'existeraient que la poésie, la contemplation, la délicatesse féminine. Mais Hong Sang-Soo n'appuie jamais... Ses inévitables scènes de repas, de beuverie déjouent le pur « cinéma d'idées ». Et ses étendues désertes, ses quartiers perdus, ses chambres anonymes produisent au fond le même effet que le recours intermittent au flou de l'image : diluer, délaver les couleurs crues de l'existence dans une élégante aquarelle cinématographique.

Avec La Femme qui s'est enfuie, Hong Sang-Soo prolonge cet écart masculin/féminin, puisque trois intrusions masculines ne font ici que troubler la surface limpide et sereine de ce monde féminin. Les hommes, peu sympathiques, sont d'ailleurs filmés de dos, le dernier de profil... La première intrusion, concernant un voisin gêné par les chats que nourrit l'une des femmes, révèle un antagonisme ferme et insurmontable, quoique exprimé avec une politesse que rien n'entame. Le seconde nous montre un amant délaissé, revendicatif. Et la troisième ne ménage guère un auteur célèbre mais imbu de lui-même. En plus, dans les conversations tendres, amicales, enjouées de ces femmes, quand ils sont parfois évoqués, les hommes sont taxés de « bavards », perçus comme vaniteux, et même qualifiés de « clowns ». Les premières images du film montrent un poulailler, avec ses coqs bigarrés et ses poules... Misandrie du réalisateur ? Les choses ne sont jamais simples ni grossières chez Hong Sang-Soo : après tout, l'héroïne, Gamhee (Kim Min-Hee, actrice de prédilection), qui est allée rendre visite à trois de ses anciennes amies, s'entend très bien avec son mari. Et, même si « c'est rare un homme bien » (il y en a : un peintre en l'occurrence !), et si ces femmes se satisfont amplement de leur complicité, de s'occuper d'un jardin-potager, de leurs liens avec la nature et les animaux (chat, oiseaux), le film ne se pose pas seulement comme une énième illustration de l'incompréhension entre les sexes. Thème bien grave, sujet tragique. On ne peut non plus réduire le film à la valorisation d'une sensibilité féminine/ écologique. Comme toujours, chez les grands cinéastes, c'est la forme qui nous en dit plus, qui agit davantage que les idéologies qui affleurent ou les thèmes abordés, lesquels renvoient également à cette forme.
Alors attardons-nous sur ces longs plans fixes où deux femmes assises échangent paisiblement des propos, avec des temps de silence. Puis la caméra - gros plan - se focalise sur l'un des visages, qui exprime une vérité personnelle. Enfin, de temps à autre, un plan général montre un paysage tranquille. Ou, en fin, la mer... Ainsi, un large espace (silences, nature) enveloppe les drames humains. La gravité est bien présente, mais pas de recours à l'emphase. Ici le féminin serait, alors et surtout, la métaphore d'une harmonie, de la sérénité, possibles même dans le banal et l'anodin. Possibles mais à conquérir. Les plans, le rythme, les couleurs, la durée filmique, dans Hotel by the river et La Femme qui s'est enfuie, agissent au fond sur le spectateur comme une méditation, c'est-à-dire une attention qui s'élargit, englobe et distancie. En toute discrétion.
Pierre Corcos
corcos16@gmail.com
15-10-2020
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