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[idées]
25-05-2016

NAPOLUN 拿 破 仑 au Grand Palais
Empires de Huang Yong Ping, Monumenta 2016

 
Myriam Dao
Pour revenir à l’objet lui-même – le container –, ce qui saisit lorsqu’on découvre l’installation de Huang Yong Ping, c’est la masse de métal coloré, le mur de plus de 28 mètres dressé devant l’entrée. D’un point de vue formel, l’artiste a joué à la fois de la répétition et de l’accumulation d’objets. Ensuite, lorsque l’on parcourt les allées sous la verrière du Grand Palais, c’est l’alignement « au cordeau » qui impressionne. Le paysage de huit « collines » inventé par l’artiste ne s’est pas construit sur la règle du chaos – un amas d’objets les uns sur les autres –, mais respecte au contraire un ordonnancement bien calé et « haubané », sans doute inspiré des principes d’arrimage du Cargo Securing Manual - règles en vigueur sur les porte-containers
.

Régine Cuzin
L’installation réussit à imposer l’idée que la Nef du Grand Palais s’est muée en porte-container, même si les 18 000 containers que le dernier né des navires peut contenir n’auraient pu y être présentés. Mais au-delà d’une dimension esthétique provoquée par l’amoncellement et les couleurs, les containers ont été choisis parce qu’ils ont déjà voyagés – les inscriptions multiples sur leurs faces en témoignent. Je ne sais pas si c’est toujours le cas, mais à l’époque du naufrage du container de « La Route de l’art sur la Route de l’esclave », j’avais découvert que des navires de la compagnie CMA-CGM portaient des noms d’artistes : Matisse, Picasso, etc. Son fondateur, M. Jacques Saadé est un grand amateur d’art.

Myriam Dao
Il y a un lien fort entre les containers et l’art, et même une certaine fascination. C’est dans le côté modulaire, et modulable de l’objet container que réside son principal attrait pour les artistes, designers et architectes, qui voient dans cet objet industriel une sorte de « module-or », une « unité d’habitation », de vie, de loisir, et même d’espace d’exposition. Ainsi, on peut voir sur Internet des solutions d’habitations « économiques et écologiques » fabriquées à partir de container. Pourtant, si le container peut-être réaménagé, après des adaptations diverses, il possède une « empreinte carbone » et une « énergie grise » parmi les plus élevées. Un objet paradoxal donc que le container. L’utilisation que fait Huang Yong Ping du container n’est clairement pas à chercher du côté du recyclage. Le choix des couleurs et leur combinaison se veut ludique. Un Rubik’s cube, entend-on. Un jeu capitaliste en version gigantesque. Napoléon n’eut pas désavoué l’emploi de modules « standards », lui qui a écrit sur l’uniformité des poids et mesures, un texte à l’origine de l’actuel système métrique. L’artiste déclare être un familier des containers, comme mode de transport des œuvres de grandes dimensions qu’il expose à travers le monde entier. Pourtant, son installation de containers symbolisant la mobilité des marchandises est incroyablement statique. L’ordre y règne sans conteste. On ne ressent ni la vitesse, ni les flux, cette « mobilité du capital » qui était palpable dans l’œuvre de Adrian Paci The Column en 2013. Adrian Paci dénonçait lui aussi la logique capitaliste. Poussée à l’extrême dans sa vidéo, nous suivions la réalisation de la colonne de pierre, en « flux tendu », depuis l’extraction en carrière jusqu’à la pose, assistant à la taille du bloc par des artisans sur le navire-usine qui l’emmenait depuis le port « global » de Shanghai, premier port de container au monde.(...)

 

 

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  Huang Yong Ping
     


Christophe Cartier au Musée Paul Delouvrier
du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
Auteurs: Estelle Pagès et Jean-Luc Chalumeau


Christophe Cartier / Gisèle Didi
D'une main peindre...
Préface de Jean-Pierre Maurel


Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com