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02-06-2016

Entretien avec Bernard Metzger.
Artiste, consultant couleur, enseignant à l’école Nationale supérieure de Dijon et à l’école préparatoire d’Issy-les-Moulineaux.

par Christophe Cartier.

Christophe Cartier :

En quoi l’enseignement que tu donnes à tes étudiants de l’école Nationale de Dijon ainsi qu'aux étudiants de l’école préparatoire d’Issy les Moulineaux diffère-t-il de celui que tu as reçu ?
Je veux parler de l’époque.

Monumenta

Monumenta

Monumenta

 

Bernard Metzger :

Ca a changé en tout !
Lorsque je parle à mes élèves de certaines références historiques récentes, de gens que j’ai connu lorsque j’avais leur âge, ça leur apparait aujourd’hui comme un moment de l’histoire complètement en dehors de leurs critères et de leurs centres d’intérêts.

Lorsque je faisais mes études comme eux à leur âge, on était dans la grande époque des avants gardes, avec un horizon borné entre Mao Tsé Toung, Lacan, un petit peu de Saussure, de linguistique…
On était à la fois dans un moment de grande radicalité, de folie et d’invention absolu.

C’étaient les années 70 où je débutais un double cursus. D’un côté la Sorbonne avec, entre guillemets un enseignement sérieux, philosophie et esthétique. Et de l’autre, j’étais à, Censier qui était la première année officielle du cursus art plastique.
On avait une liberté absolue. C’était plus cadré à la Sorbonne, on passait beaucoup d’heures en bibliothèque.
Du coté art plastique, c’était la folie… Parmi 150 intervenants il y avait un grand critique et historien d’art, Bernard Teyssedre. Il était le seul quasiment universitaire. Le reste étant composé d’artistes et de critiques.

J’ai un souvenir de mes études formidable. J’ai eu la chance de bénéficier d’une nouvelle et très grande ouverture, que ce soit sur la scène artistique ou politique.
Je n’avais pas du tout le projet d’être artiste. Je viens d’Alsace et c’était très loin de tout culturellement… Je souhaitais me donner du temps. Deux, trois ans pour découvrir et apprendre.

Je suis allé jusqu’à la maitrise, mais pour te montrer l’état d’esprit de cette époque, l’insouciance et un avenir sans inquiétudes de ne pas trouver du travail … c’est un de mes amis qui est allé chercher tous les documents administratifs validant mes études. J’étais prêt à quitter la fac sans rien demander !

On ne peut pas imaginer cela aujourd’hui ! Trouver du travail, c’était facile ! La vie aussi… avec ce que je gagnais à l’époque je pouvais avoir un petit atelier, je vivais plus que convenablement.

C’est petit à petit que mon projet s’est mis en place. A un moment donné J’en ai eu marre de faire des petits boulots et je me suis réfugié dans l’éducation nationale. Après avoir tenu quelques années, je suis parti, mais j’y ai découvert mon gout pour l’enseignement.

Ce qui était au départ un projet intellectuel et mu par la curiosité, a pris une réalité petit à petit à travers la performance par laquelle j’ai démarré. Ce n’était pas autant à la mode que maintenant.

Ce fut une suite d’échanges avec mes amis peintres, je leurs disais « toi, tu n’as pas lu ça ? T’es vraiment nul ! »
« Et toi ? », me répondaient ils, « quand est-ce que tu te mets à peindre ? ».

En fait, du point de vue de la peinture je suis complètement autodidacte. Les outils que j’ai acquis étaient théoriques mais la pratique même de mes premiers tableaux…était… incertaine. Je n’apprêtais pas la toile. On était en pleine période « supports-surface », donc opposition aux techniques picturales traditionnelles.


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  Huang Yong Ping
     


Christophe Cartier au Musée Paul Delouvrier
du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
Auteurs: Estelle Pagès et Jean-Luc Chalumeau


Christophe Cartier / Gisèle Didi
D'une main peindre...
Préface de Jean-Pierre Maurel


Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com