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MARTIAL RAYSSE

CHAMPION MÉTADIER
Transit

Jean Clerté
Dans mes tiroirs

Exposition organisée à l’occasion de la parution du livre "Dans m...

Aurélie Dubois
VOIR PEUT-IL RENDRE FOU?

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Mars et la Méduse

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Un no man’s land cent ans après

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THE MOVEMENT OF CLOUDS AROUND MT. FUJI
Photographed & filmed by Masanao Abe

Exposition de Helmut Völter

Virginie Hervieu-Monnet
Activité

 
[idées]
20-03-2016

Pierre Furlan
La bibliothèque d’Anselm Kiefer.

Kiefer explique qu’il lui arrive souvent de découper un tableau pour en faire un livre. Il peut aussi se servir de papier calciné qu’il collera sur un support, de grains de sable, de plumes, de taches d’encre, de photos, de dessins, de bouts de phrase écrits à la main, de graines de plante... De cette façon, il fait entrer le monde concret et matériel dans le « livre » sans recourir à l’abstraction du discours écrit. Mais ces matériaux ne sont pas pris au hasard : ils constituent un vocabulaire analogique. Ainsi, on voit du sable sur les pages de la collection Mésopotamie (qui regroupe plus de deux cents volumes en plomb), des tiges de plantes dans les livres où Kiefer met en rapport les étoiles avec les plantes de notre Terre. Ailleurs, des cheveux collés entre les feuilles de plomb évoquent les victimes des camps. Pour figurer l’inondation de Heidelberg, il noie ses tirages photographiques sous une boue noire. L’analogie apparaît ici comme une façon de se débarrasser du numérique qui engloutit le monde dans l’abstraction ; elle permet en plus de renouer avec le passé en réaffirmant le principe ancien des correspondances entre univers si cher aux poètes romantiques.
Et puis construire des exemplaires uniques, individualisés, d’objets généralement produits en série, n’est-ce pas refuser ce que tentent certains artistes d’aujourd’hui avec les objets « artistiques » revêtus de leur marque qu’ils produisent industriellement et vendent par milliers ? « Je ne suis pas une marque », réplique Kiefer au journaliste londonien Mark Hudson qui lui demande comment il pourrait développer commercialement son style.

koons Il y a pourtant chez lui de nombreux éléments de style qu’on retrouve d’une pièce à l’autre, ne serait-ce que le volume de ces livres-enclumes, livres-masses s’ouvrant sur une surface souvent parsemée de fissures et de craquelures comme celles qu’on prête à la croûte terrestre. Et toutes les associations que suggère le plomb, ce métal sombre et lourd qui résiste à nos regards comme aux rayons X. Tout malléable qu’il soit, il ne se laisse pas transformer en or mais rappelle inévitablement l’alchimie, la mélancolie et Saturne dont il est l’emblème. Face à son imperméabilité, j’ai eu l’impression que c’étaient les antiques caractères de Gutenberg, eux aussi en alliage de plomb, qui s’étaient fondus dans le corps opaque du livre, qu’ils avaient coulé en lui sans laisser en surface la trace lisible de leur passage. J’ai pensé aux siècles d’autrefois, aux livres saints du Moyen Âge posés sur des lutrins, que seuls les clercs touchaient, tournant les pages enluminées devant des fidèles illettrés qui attendaient la vérité de leur bouche. Parce que ce qui était écrit avait alors pour vocation d’être restitué à la voix.


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Christophe Cartier au Musée Paul Delouvrier
du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
Auteurs: Estelle Pagès et Jean-Luc Chalumeau


Christophe Cartier / Gisèle Didi
D'une main peindre...
Préface de Jean-Pierre Maurel


Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com
     
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