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Labyrinth of Desire: Work by Frank Rodick
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LES PHOTOGRAPHIQUES 2010
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Galerie NIVET-CARZON
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Bernard Plossu
Hirondelles andalouses

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Galerie de l’Espace Diderot
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SINGULIER PLURIEL
EXPOSITION COLLECTIVE -
KATY COUPRIE, ALAIN LOISELET, ALAIN MAISON, THIERRY PERTUISOT

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Foire Internationale du Dessin
SEMAINE DU DESSIN A PARIS

LOFT MARQUADT
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Bernard AUBERTIN
"PLEINS FEUX"

GALERIE GIMARAY
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action d'éclat

éditorial

du 04-03-2010

La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau

Absence et prudence
au musée des Beaux-Arts
de Rouen

 
Lorsque je passe dans une ville de France, je ne manque jamais de visiter son musée des Beaux-Arts. Il y en a beaucoup : des petits et des grands, des beaux et des seulement majestueux, tels que les avait voulus notre IIIe République. Dans cette dernière catégorie, on trouve celui de Rouen, où je me trouvais le 1er mars. L’adresse du musée était naguère square Verdrel, mais Verdrel a été remplacé par Marcel Duchamp, enfant du pays. Sans doute étonné par sa propre audace, le conseil municipal a pris soin de faire préciser sur la plaque que Duchamp était un « anartiste », reprenant ainsi, peut-être sans le savoir, un terme inventé par Hélène Parmelin, grande amie de Picasso qui détestait la postérité duchampienne, non sans de bonnes raisons… Bref, je suis entré pour me diriger en priorité vers la salle dite Gérard David, dans l’intention d’admirer l’un de ses plus grands chefs d’œuvre. Pas de chance : La Vierge et les Saints n’était pas là. Pas de panneau explicatif : rien. Il a fallu deux gardiennes pour apprendre que le tableau avait été prêté. Pour me consoler, j’ai cherché l’autre David, Jacques Louis du XIXe siècle, pour voir le Portrait de son geôlier. Le tableau était bien à sa place, à côté de la Belle Zélie d’Ingres, mais nouvelle surprise : le cartel précisait que l’œuvre est « attribuée » à David et qu’il s’agit de son « présumé » geôlier. Quoi ? La Réunion des Musées Nationaux ne fait pas ces curieuses réserves dans le document fourni par son agence photographique. Comment ne pas éprouver qu’il faut un talent de premier ordre pour conférer tant d’élégance à ce portrait de révolutionnaire, le talent de David lui-même ? On sait que David, connu pour son amitié avec Robespierre, a été enfermé au Luxembourg après Thermidor (de septembre à décembre 1794 exactement). Danton l’avait précédé, ce qui nous permet de savoir que le concierge de la prison était un brave type , « aimé des prisonniers » précise Jules Michelet, et qu’il s’appelait Benoît. C’est évidemment ce sympathique Benoît qui a autorisé David à peindre dans sa cellule, en particulier une Vue des jardins, et tout naturellement le gardien lui-même, avec son gilet rouge dont le peintre se sert avec gourmandise pour établir un contraste fort avec la chemise blanche largement échancrée. Il ne peut y avoir de doute ni sur l’auteur du tableau (il suffit de le comparer avec l’Autoportrait de la même année) ni sur l’identité du modèle. Si l’un de mes lecteurs connaît les raisons de l’extrême prudence du musée de Rouen, je le remercie vivement de me les communiquer.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
éditorial du 04-03-2010
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