logo visuelimage.com
 
 

 

 

 

 
   
 
 
 
 

actualités des expositions

Fear of the Unknown
Refugee crisis

Lee Ufan
Exposition personnelle / Solo show

Going Under
Claude Cattelain – Isabelle Ferreira – Koyo Hara – Elizaveta Konovalova – Pascal Lièvre ...

Barbie

Omar Ba
Eclosion

Gerard Petrus Fieret

Superstudio

Barthélémy Toguo
Deluge

  [verso-hebdo]
23-06-2016

La lettre hebdomadaire de Jean-Luc Chalumeau
Rimbaud et la souveraineté de la peinture

La chronique de Pierre Corcos
Sudek, photographe poétique praguois

La chronique de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Rimbaud et la souveraineté de la peinture
Le poète de génie à 17 ans, qui fut aussi négociant-trafiquant ancien mercenaire et déserteur vingt ans plus tard, n'a guère fréquenté les peintres de son temps. Il nous reste le célèbre Coin de table de 1872, dans lequel Fantin-Latour campe le jeune Arthur tournant ostensiblement le dos aux autres poètes et n'ayant d'yeux que pour Verlaine assis à côté de lui. La rupture n'a pas encore eu lieu et Rimbaud n'a pas encore écrit « j'ai aimé un porc » dans sa Saison en enfer. Nous avons aussi son portrait en buste par un certain Garnier, une huile sur carton de la même année réputée assez ressemblante et enfin, en 1873, l'huile sur panneau d'acajou dans laquelle le belge Jef Rosman montre Rimbaud alité après avoir été blessé par le pistolet de Verlaine, sous le titre ironique « Epilogue à la française » (le tableau, contesté, est peut-être apocryphe). Il y a aussi quelques rares photographies, à partir desquelles Ernest Pignon-Ernest a inventé un portrait de Rimbaud qui semble d'une criante vérité, la vérité d'un être sombre qui, selon les mots de François Mauriac « jette vers la pureté perdue un cri déchirant » et qui prophétise que « voici le temps des assassins »... Ce n'est aucun de ces Rimbaud qu'aborde Jean Gaudaire-Thor dans l'exposition qu'il lui consacre actuellement, intitulée Trafiquer dans l'inconnu , à la mairie du 8e arrondissement de Paris (3 rue de Lisbonne, jusqu'au 25 juin).

Ce n'est pas, en effet, le portrait de Rimbaud qui intéresse d'abord Gaudaire-Thor, bien que son visage apparaisse en palimpseste dans plusieurs œuvres, c'est tout autre chose, qui se révèle être un puissant stimulant pour sa peinture. Tout se passe comme si Gaudaire-Thor avait fait sien un programme défini par Rimbaud lui-même, et qu'il faut citer intégralement : « Nous arracherons la peinture à ses vieilles habitudes de copie pour lui donner la souveraineté. Le mode matériel ne sera plus qu'un moyen pour évoquer les expressions esthétiques. On ne reproduira plus les objets, on imposera des sentiments grâce à des lignes, des couleurs et des schèmes pris au monde extérieur simplifié et dompté : une véritable magie. » La méthode de Gaudaire-Thor a consisté en de longs voyages, depuis dix ans, sur les traces de l'aventurier-trafiquant, avec notamment un séjour au Harar, en Ethiopie. La série des Awash, en 2007 (des peintures carrées de 180 cm de côté), à dominantes vertes et rouges, a inauguré avec verve cette odyssée plastique.

Aussitôt après, l'artiste installe son atelier au nord de Sens, sa ville natale, près de la vallée de l'Oreuse. Les souvenirs des plateaux et collines du Harar se mêlent alors dans son esprit avec la topologie des environs de l'Oreuse qu'il a sous les yeux. Il invente un lieu fictif devenu espace peint où les procédés du calque et du collage font naître la série Harar sur Oreuse. La poésie d'Arthur Rimbaud est toujours sécable : les mots, les phrases et les strophes se déplacent dans un jeu permanent et instantané qui organise une tension et explose la syntaxe, un jeu qui invente la modernité en littérature. « Je réalise ces peintures dans cette optique, explique le peintre : en pratiquant une infinité de coupes, d'interruptions, de glissements, de perspectives rabattues... » C'est ainsi que les tableaux Harar sur Oreuse doivent être vus : comme des métaphores plastiques à la fois des paysages du Harar, de la vallée de l'Oreuse et de la poésie de Rimbaud. Ce dernier voulait « fixer des vertiges ». C'est bien ce que fait Jean Gaudaire-Thor, qui réussit ainsi à « arracher la peinture à ses vieilles habitudes » et à lui rendre une forme de jeunesse. Avec lui, voici le monde extérieur effectivement simplifié et dompté. Il me semble que c'est une bonne nouvelle.
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
23-06-2016
Lire les [Verso-hebdo] antérieurs
 
logo visuelimage.com

Verso n°93

L'artiste du mois : chantalpetit
[idées]
Myriam Dao"NAPOLUN"
Empires de Huang Yong Ping
Monumenta 2016 au Grand Palais

By Régine Cuzin et Myriam Dao
duchamp[idées]
"Welcome - The European Hospitality and its Borders"

By Megakles Rogakos
duchamp[idées]
Retour « à la campagne » pour les artistes chinois à la Fondation Louis Vuitton

par Myriam Dao
duchamp[idées]
La bibliothèque d’Anselm Kiefer

par Pierre Furlan
duchamp[idées]
Picasso - Cocteau: A Top Artistic Encounter

By Megakles Rogakos
duchamp[idées]
Lettres de Panduranga  - Au Jeu de Paume,
« l’esthétique du divers » mise en orbite

par Myriam Dao
duchamp[idées]
Ink Kingdom / Truc-Anh,
« Un cabinet des âmes errantes »,

par Myriam Dao

visuelimage.com c'est aussi

Afin de pouvoir annoncer vos expositions en cours et à venir dans notre agenda culturel, envoyez nous, votre programme, et tout autre document contenant des informations sur votre actualité à : info@visuelimage.com
ou par la poste :
visuelimage.com 18, quai du Louvre 75001 Paris France

à bientôt.
La rédaction

Si vous désirez vous désinscrire de cette liste de diffusion, renvoyez simplement ce mail en précisant dans l'objet "désinscription".

      duchamp[idées]
Après le « Jour d'après »,

par Myriam Dao
duchamp[idées]
Entretien avec Diane Ducruet, photographe.

Propos recueillis par Christophe Cartier
Jeff Koons sans ironie[idées]
Galerie A2Z
Entretien avec Anthony Phuong, galeriste

Propos recueillis par Myriam Dao
     
      archipel[idées]
Archipel Secret - Palais de Tokyo - Paris
Richard Streitmatter-Tran diacritic.org
The Women and the Waq Waq

par Myriam Dao
Jeff Koons sans ironie[idées]

Jeff Koons sans ironie

par Pierre Furlan
Jeff Koons sans ironie[idées]

Retrait de la photo de Diane Ducruet « mère et fille » de la programmation du mois de la photo : Petit compte rendu d’une maladresse révélatrice de peurs ancestrales….
par Christophe Cartier
     
      duchamp[idées]
Les coups de cœur 2
par Eric De Monagendart
duchamp[idées]
Les coups de cœur 1
par Eric De Monagendart
Bill Viola
[idées]
De Mapplethorpe à Nancy Cunard... Correspondances fictives (1986)

par Myriam Dao & Christophe Cartier
     
      Christophe Cartier
[idées]
Super-héros, rendons justice…

par Myriam Dao

[idées]
Bill Viola ouvre des fenêtres sur les grands thèmes de la peinture occidentale.

par Myriam Dao & Christophe Cartier
Christophe Cartier [idées]
PAPARAZZI
ou comment la presse people bouleverse nos grilles de lecture

par Christophe Cartier
     
      duchamp[idées]
Margarita Petrova’s Dollhouse - An Allegory for the Human Condition

par Megakles Rogakos
demetrius[idea]
The Illustrated Books of Démétrius Galanis
A Discreet yet Amazing Exhibition

by Megakles Rogakos
duchamp[idées]
Le Grand Verre et le Pavillon de la Grande Jetée.
Centenaire de la visite de Marcel Duchamp à Herne Bay en 1913.

par Megakles Rogakos
     
     


Christophe Cartier au Musée Paul Delouvrier
du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
Auteurs: Estelle Pagès et Jean-Luc Chalumeau


Christophe Cartier / Gisèle Didi
D'une main peindre...
Préface de Jean-Pierre Maurel


Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com